• Abdelkader Bendameche : l’homme et son parcours


    Par : Mohamed Arezki Himeur

     

    Le Cap, n° 43 – du 16 au 31 mai 2010

    Le 26 septembre 1949, à 21 heures, il pleuvait à torrent. C’est cette nuit-là, sous une pluie diluvienne, que débarque sur la planète Terre Abdelkader Bendameche. Il a atterri à Mazaghran, une ville historique qui a été le théâtre de deux grandes batailles, l’une au 16e siècle, contre les Espagnols et l’autre,  en 1840, contres les forces coloniales françaises. Mazaghran est l’arrière-pays de Mostaganem, la ville des mimosas.
    Artistiquement, il est né dans l’euphorie de la joie de l’Indépendance, dans le milieu des scouts musulmans. Il a fait ses premières armes dans le théâtre, avant d’aller vers la musique moderne en tant qu’interprète puis vers le chaâbi, milieu dans lequel il avait côtoyé une pléiade de cheikhs.
    M. Bendameche est issu d’une famille d’artistes, de cheikhate, tant du côté paternel que maternel. Les cheikhate les plus connues étaient cheikha Dahmana, qui existe dans l’histoire de la musique féminine de Mostaganem, et une Bendameche, élève de cheikha Dahmania.
    Abdelkader Bendameche s’était abreuvé à ces deux mamelles. «J’ai été à la bonne source.
    C’est ce qu’on appelait cheikhate leblad dans la chanson féminine de l’ouest algérien. Des cheikhate leblad qui veut dire des dames qui pratiquaient la chanson religieuse, la chanson j’allais dire pure, authentique, acceptée socialement, contrairement à une autre forme de musique féminine qui a été développée plus tard par le colonialisme», dira-t-il.

    A la bonne source

    Abdelkader Bendameche a été aidé dans son parcours, son cheminement artistique et culturel par plusieurs personnalités, dont Abderrahmane Kaki, Djillali Ben Abdelhlim, fondateur du théâtre amateur de Mostaganem et El-Hadj Bouzid Benslimane, fondateur de l’association Ennadi El-Hilal.
    Il s’est lancé dans la chanson professionnelle au lendemain du Festival da la chanson populaire auquel il avait participé en 1969. A partir de 1977, il décide de prendre une autre trajectoire, administrative celle-là. Il entre à l’Ecole nationale d’administration (ENA). «Je suis allé à l’ENA en plein succès artistique. Mes chansons se vendaient bien. J’étais une petite vedette à l’époque», dit-il. Un chanteur sur les bancs de l’ENA «était vraiment insolite», ajoute-t-il en souriant.
    L’ENA constituait en fait un cheminement logique. M. Bendameche, tout en étant chanteur, était aussi fonctionnaire. Il avait travaillé aux directions de l’agriculture de Chlef, de Mostaganem et de Sidi Bel-Abbès. Mais il était la plupart du temps en formation. Ce qui lui permettait de faire plus de musique que gratte-papier.
    Il avait été aussi journaliste. Il était correspondant du défunt quotidien «La République» basé à Oran dès le milieu des années 60. «Je rédigeais des petits bouts d’articles dans la rubrique des chiens écrasés, comme on dit. J’ai fais cette rubrique pendant très longtemps. J’écrivais sur tout ce que je voyais», dira M. Bendameche.
    Dans le même temps, il rédigeait les biographies d’artistes publiées, dès le début des années 80, dans «El Moudjahid». Mais c’est la radio, nous confie-t-il, qui lui a permis d’aller plus loin, de développer ce créneau, de multiplier les biographies contenues dans «Les grandes figures de la musique algérienne» édité la première fois en 2003. «C’est l’aboutissement d’un cheminement et d’un long travail», relève-t-il.

    M.A.H

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