• El Watan - Dossier sur Tahar Djaout: Ci-vit le poète

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    Ce dossier sur l'écrivain et journaliste Tahar Djaout, le père de "L'Exproprié" et de "Le dernier été de la raison", assassiné par les islamistes armés le 26 mai 1993 a été publié dans le quotidien El Watan du 29 mai 2008. Plus loin dans ce même blogg, vous trouverez aussi des textes et des photos évoquant la cérémonie de recueillement organisée à la mémoire de Tahar Djaout en 2007 dans son village natal d'Oulkou, un village niché comme un nid d'aigle sur l'une des montagnes surplombant la petite ville balnéaire d'Azefffoun, en Kabylie.

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    Il y a quelque chose d'encore plus triste à célébrer les artistes et les écrivains disparus en prenant comme référence leur date de décès. Ambiance de morgue, au mieux de placard d'état civil, les toiles d'araignées en prime. La tentation est plus forte quand la personne a été assassinée. On associe alors l'hommage à la dénonciation du crime. Et parfois, la seconde finit par faire de l'ombre au premier. Est-ce un effet de notre culture du martyre après une colonisation particulièrement barbare, une guerre de Libération nationale terrible et, hélas, ces violences postindépendance ?
    En alignant l'évocation sur la disparition, trois travers nous guettent. Le premier est de donner la priorité à notre tristesse et de faire montre ainsi d'un certain égoïsme. Le deuxième est de négliger le fait que les artistes et écrivains n'existent en tant que tels que par leurs œuvres et que, tant que celles-ci existent, ils continuent donc d'exister. Le troisième enfin est de pouvoir être amenés à accorder dans nos esprits et nos mémoires plus de place au martyr qu'à une œuvre et un talent sans compter qu'il serait en outre infamant de distinguer les créateurs de la multitude anonyme des victimes.
    Si nous parlons aujourd'hui de Tahar Djaout, c'est d'abord parce qu'il avait un véritable talent et que, né en 1954, il est un maillon entre les premières générations d'écrivains algériens et celles d'aujourd'hui. C'est parce que sa poésie est reconnue pour son raffinement et que de grands écrivains dans le monde sont allés jusqu'à l'intégrer comme personnage de leurs écrits (voir p. 22, article de Sofiane Hadjadj et encadré). Mohamed Balhi, qui fut longtemps son confrère et ami, nous dresse ci-contre un portrait attachant et lucide de l'homme comme du journaliste et de l'écrivain. Nous publions également l'interview inédit que Tahar Djaout avait accordée à M. A. Himeur, trois jours avant l'attentat et dont la BBC n'avait diffusé qu'un court extrait (p. 21).
    Comme tous les propos posthumes, il faut se garder de les apprécier avec la connaissance de ce qui est advenu par la suite et s'efforcer de les considérer dans leur contexte. En l'occurrence, c'est la vision de Tahar Djaout sur des ancrages de la société qui nous intéresse et non l'actualité politicienne d'alors. Abrous Outoudert nous raconte comment L'Expropié a paru à Alger en 1981 et nous dit en quoi ce roman est fondateur.
    Enfin, le fac-similé d'un poème écrit par Djaout chez le laitier de la rue Tanger, son restaurant préféré : pain traditionnel, dattes et petit lait, une menu qui décrit bien l'homme. Bravo à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou qui a marqué dignement les quinze ans qui nous séparent de son décès (et non de sa disparition). Et pensons à célébrer plutôt les dates de naissance, car elles expriment la vie qui éclot et celle qui continue.
    Ameziane Ferhani

  • Commentaires

    1
    LEMILITANTSANSFRONTI
    Dimanche 19 Avril 2009 à 13:05
    Témoignage
    - TAHAR DJAOUT - Tu es la pureté, tu es la poésie, tu es mon histoire, tu es le nouvelliste, tu es le romancier, tu es le journaliste, tu es celui qui a dénoncé ce qu’il fallait dénoncer sans égard aucun pour tous ceux qui se croyaient intouchables, tu es la plume acérée et vitriolée au service du bien à l’encontre du mal, tu es celui que tout algérien regrette et lever ainsi de la mort l’étendard . A travers toi, ils ont voulu tout tuer en nous, ô mon frère que je n’ai pu voir avant qu’il ne fusse trop tard . Honte à ceux qui ont osé intenté à la vie d’un être qui n’a jamais cessé de militer pour une société dont ils sont eux-mêmes issus. Aveuglés par leur haine contre tous repères contre tous nos symboles. Renégats véritables, ils le sont, ils ne valent même pas une obole. DJAOUT est toujours parmi nous, il ne nous a pas quitté, il est même chez chacun de nous, il nous entretient souvent et rit, jamais il n’a été aussi près, il est dans notre pensée comme il l’est, en lettres d’or, dans nos écrits, amoureux de l’Algérie profonde dont il su découvrir et transmettre la beauté, DJAOUT à toujours défendu la liberté . Ouvrant la porte de sa demeure, ses bras et son cœur à tous ses amis DJAOUT n’avait jamais failli. Unanimement, nous condamnons, et Dieu bien avant nous tous ceux qui s’arrogeraient le droit de vie ou de mort car, par avance, ils sont dans le tort, et si jamais ils feraient disparaître tous nos frêles corps, nos mots ainsi que la mémoire du peuple algérien demeureront à jamais les plus forts . TAHAR DJAOUT Mon frère Mon Ami Au moment même où j’écris Je te regarde A travers les lunettes tu me vois et me souris Tu es en vie ================== 06 /06 / 93 ================== Extrait de: "L'Après octobre noir- 1988/1998" de: Mohamed Laïd ATHMANI(INEDIT).
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